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Distorsion cognitive 4: les conclusions hâtives

Voici venir le temps des rires et des chants de découvrir une nouvelle distorsion cognitive! Comme souvent, son nom est plutôt transparent. Néanmoins, prenons le temps de regarder un peu plus en détails ce dont il s’agit et les façons dont se manifeste de ce vilain petit filtre mental! (Lecture: 3min53). 

Avant de lire cet article, je vous conseille vivement de lire celui-ci!

L’art de lire dans les pensées

Voici à nouveau une distorsion qui nous est enseignée à tous, en tant que société. En effet, il n’est pas rare que notre entourage nous pousse à interpréter continuellement les gestes, regards, paroles, emojis d’autrui. Plutôt que de demander directement à notre collègue Martine pourquoi elle est en colère, si cela a un rapport avec nous et de lui exprimer notre ressenti (#communicationnonviolente, rendez-vous ici et ici si vous n’avez pas lu mes articles sur le sujet), on se flagelle pendant des heures. « Peut-être qu’elle m’en veut de ne pas lui avoir rendu la gomme que je lui ai emprunté hier? Ou alors c’est parce que la semaine dernière je suis arrivé.e avec 2min09 de retard? A moins qu’elle ne soit pas contente de mon travail en ce moment? »… Alors que Martine est en réalité juste un peu vénère parce que son mari a oublié d’acheter les brochettes pour le barbecue de ce soir. 

C’est aussi cette distorsion qui est à l’oeuvre – vous l’avez peut-être déjà noté – lorsqu’on cherche à interpréter à tout prix les signes et messages de l’être aimé ou convoité: « il/elle a mis « … » après son « je ne veux plus te voir, bonne continuation ». Ça veut clairement dire qu’il/elle me dit ça pour me faire réagir mais qu’en fait il/elle m’aime toujours, non? En plus au milieu il y a un emoji maison, ça veut dire que son désir profond c’est qu’on se marie et qu’on fonde un foyer ensemble je pense ». 

Il est facile de déceler cette distorsion chez mes client.es qui l’affectionnent. En effet, lorsqu’ils ou elles me décrivent une situation du type « on m’a dit ça méchamment », « cette personne ne m’aime pas » ou encore « je ne peux pas lui dire ça parce que il/elle va s’énerver et on va se disputer encore plus », je leur demande comment ils.elles le savent. Si la réponse est « parce que je le sais », « parce que ça se voit/ c’est évident » ou « parce que c’est toujours comme ça que ça se passe », alors on est dans une conclusion hâtive. Est-ce qu’on a tort pour autant? Non, parfois notre intuition était la bonne. Mais en préjugeant à l’avance de ce qui va se passer, on oriente notre langage, notre façon d’être dans ce sens, amplifiant ainsi le risque que cela se passe effectivement comme on l’a imaginé. Anticiper les réactions des autres revient aussi à les figer dans le temps, sans leur laisser la possibilité d’évoluer, de changer. Or s’il y a bien une chose que j’ai appris de la vie, c’est que les gens nous surprennent bien en souvent, si on leur en laisse l’occasion. 

Comment interprétons-nous les paroles, gestes, regards, sms des autres? En règle générale, nous nous basons soit sur notre envie profonde (« je veux que mon attirance pour telle personne soit réciproque, donc je vois partout des signes de son intérêt pour moi »), soit en plaquant sur les autres les réactions qu’on pense que nous aurions si la situation était inversée (« moi, à sa place, je n’aurais pu dire ça que dans le but de blesser la personne en face, donc c’était de la méchanceté gratuite »), soit, enfin, en fonction de l’opinion qu’on se fait de nous-même (« Truc m’a regardé.e  bizarrement. Comme je me sentais nul.le à ce moment là (ou en général…), j’en déduis que son regard voulait dire « tu es nul.le ». Donc Truc me trouve nul.le »). 

Quelques exemples concrets

Marie-Monique souffre de solitude au travail. Ses collègues ne l’invitent jamais à participer à leurs pauses café ou déjeuners, ce que notre amie vit très mal. Lorsque sa compagne lui suggère de faire le premier pas, de prendre une pause café en même temps que les autres, de leur demander si elle peut se joindre à eux pour le dej, elle rejette l’idée en bloc: « s’ils ne me l’ont jamais proposé, c’est qu’ils ne veulent pas de moi. En plus personne ne va oser me dire non, donc je vais être là, comme un cheveu sur la soupe, ça va être hyper malaisant ».

Brutus a un faible pour sa nouvelle voisine Octavie. D’après lui, elle est tombée sous son charme: un jour, elle lui a déposé devant sa porte une lettre pour lui glissée par erreur dans sa boite aux lettres – alors qu’elle aurait pu mettre l’enveloppe dans sa boite à lui; un autre fois, ils se sont croisés au supermarché du quartier et elle lui a sourit; elle lui a proposé via un mot personnalisé de passer à sa crémaillère….

Octavie, de son coté, s’en bat un peu les steaks de Brutus. Elle a à coeur de garder des liens cordiaux avec lui, car elle adore organiser des soirées et qu’il est président du conseil syndical de la co-pro. Elle a le sentiment que c’est un peu mal barré… Un jour, elle l’a croisé en faisant ses courses et lui a sourit… il a fait semblant de ne pas la voir. Elle l’a invité, comme tous ses voisins, à se joindre à sa crémaillère. Elle a tout de même pris soin de lui faire un message personnalisé pour lui en particulier. Faudrait pas se le mettre à dos…

A votre avis, que peuvent faire Marie-Monique, Brutus et Octavie pour sortir de leur distorsion? Ecrivez vos pronostic en commentaire ici, sous mon post instagram (@lochavel) ou envoyez-les moi par mail (contact@laurannechavel.com)!

2 commentaires

  1. Damc sur 23 avril 2020 à 19 h 29 min

    Très intéressant ! Une vraie distortion « pot-de-colle » et peut-on vraiment s’en débarrasser totalement ?? Les sms particulièrement sont des serial killers des bonnes relations 🙂 …

    • Lauranne sur 29 avril 2020 à 19 h 40 min

      Oui on peut s’en débarrasser 🙂 J’ai déjà donné des clés dans l’article initial et je publierai un outil plus spécifique quand on aura fait le tour de toutes les distorsions. C’est un point qui se travaille très bien en coaching.

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