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Liberté, sécurité et le petit oiseau de Margaret

Bonne année à tous ! Pour démarrer ce nouveau cycle en beauté, je vous propose de nous pencher aujourd’hui sur notre besoin de liberté et la façon dont il peut être entravé par notre besoin de sécurité. Ça a l’air chiant, mais promis, en vrai c’est cool. (lecture 3min28)

Monter si haut et toucher les ailes des oiseaux

Ah, la liberté ! Nous en rêvons tous, aujourd’hui plus que jamais. Il n’est pas rare que, lors de notre première session, mes client.es expriment leur souhait d’être libéré.es de toutes contraintes. « J’aimerais tellement pouvoir faire de mon temps tout ce que je veux » est sans aucun doute dans le top 10 des phrases que j’entends le plus souvent. 

Il est clairement utopique d’espérer pouvoir utiliser 100% de son temps exactement comme on le désire – les tâches administratives et ménagères ont peu de chance de disparaitre. Quand bien même on se projetterait dans un idéal de richesse sans limite permettant l’embauche d’un.e chauffeur.e, d’un.e cuisinier.ère et de mille autres membres de personnels de maison, il faudrait encore gérer les salaires, les finances et la répartition des tâches. Et puis a-t-on vraiment envie d’atteindre la liberté en limitant celle des autres ? 

En revanche, il est possible d’occuper 70 ou 80% de son temps comme on le souhaite, ou presque. C’est généralement cette envie de liberté qui pousse les gens à se lancer à leur compte. On veut pouvoir s’organiser comme bon nous semble, et occuper notre temps à des activités qui ont du sens pour nous. 

Prendre le risque d’être libre

Si tout le monde, sur le papier, semble vouloir cette liberté professionnelle, dans les faits peu de personnes passent effectivement le cap de la création d’entreprise. Et c’est là qu’intervient l’ennemi public numéro 1 de la liberté : la sécurité. Peut-on être libre sans sauter dans le vide, sans faire le fameux « leap of faith » dont parlent les anglophones ? Peut-on se lancer pleinement à son compte sans lâcher un CDI et toutes les garanties qui vont avec ? Plus globalement, peut-on être libre sans prendre de risques ? 

J’évoque ici le secteur pro, mais cela peut s’adapter à tous les domaines de la vie. On ne saura jamais à l’avance si notre choix en valait vraiment la peine. De là à dire que pour être libre, il est nécessaire d’expérimenter, et que pour expérimenter pleinement, il faut faire des choix et prendre le risque de perdre son confort, il n’y a qu’un pas. 

Nous dit Marcelle Bourgault, à qui il a fallu bien du courage pour affronter la vie avec un prénom pareil (je dis ça en toute bienveillance of course)

Le petit oiseau de Margaret

J’aimerais illustrer mes propos en vous relatant une petite histoire qu’on se raconte entre gens du développement personnel, le soir au coin du feu après une journée yoga-méditation-rites chamaniques. 

Avis aux esprits mal placés : « le petit oiseau de Margaret » est bien un animal, et uniquement un animal. Sorry not sorry.

Margaret avait un petit oiseau  (au cas où ce n’était pas encore ultra clair), qui vivait peinard dans sa cage. L’hiver, Maggy le laissait dans le salon, bien au chaud et loin des fenêtres. L’animal  –  qu’on appellera Bernardo  –  adorait ces moments cocooning à se lisser les plumes en se bourrant de graines de courge. 

L’été approchant, Margaret plaçait la cage de Bernardo dans la cuisine, près de la fenêtre, pensant lui faire plaisir. Loin de trouver l’idée géniale, notre ami entrait alors en pleine dépression saisonnière : il observait ses congénères voler, heureux, libres, épanouis. Et il les jalousait à mort.

Un beau jour d’été, Maggy partit faire les courses en laissant la fenêtre ouverte. Bernie, bien décidé à vivre sa meilleure vie, se mit à défoncer la porte de sa cage, qui s’ouvrit soudainement. L’opportunité qu’il attendait depuis si longtemps était enfin là : deux-trois coups d’ailes et paf, il serait libre ! Il mit une griffe hors de la cage et fut arrêté net par ses pensées. Et s’il se faisait bouffer par un rapace à peine le bec dehors ? Et s’il ne parvenait pas à trouver un endroit pour faire un nid ? Saurait-il simplement trouver de la nourriture ? Serait-il capable de voler aussi bien et aussi haut que les autres ? 

Bernardo resta ainsi québlo. Margaret rentra de ses courses, vit la porte de la cage ouverte, poussa un cri d’horreur (l’oiseau était son seul ami, ne la jugez pas) et la claqua au bec de Bernie, en même temps que ses rêves de liberté. Il avait hésité trop longtemps ; quelqu’un avait pris la décision pour lui. 

Et vous, dans quelle mesure, tel notre ami Bernardo, fermez-vous la porte aux opportunités par peur de perdre votre confort, votre sécurité ? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous dans la vie ? Et, plus généralement, vous sentez-vous pleinement heureux.ses ? Et si, en 2020, on ouvrait, ouvrait, la cage aux oiseaux ?

4 commentaires

  1. Cathelle sur 2 janvier 2020 à 11 h 36 min

    Excellent article ! Je fais partie des gens qui ont pris des risques dans la vie privée comme dans la vie pro, parfois avec succès, parfois sans. Le temps passant (team années 50…) je me suis engluée dans un certain confort, une certaine sécurité et j’ai mis du temps à réaliser que je vivais dans un trompe-l’œil. Il m’a fallu encore beaucoup de temps pour me détacher de ce qui me retenait (sens des responsabilités, peur de la solitude, peur de moi-même livrée à moi-même) et depuis près d’un an je me prépare à ouvrir la cage (oui je suis un bélier qui réfléchit beaucoup avant d’agir 🙂 Je ne sais pas combien d’années il me reste à vivre, mais je sais comment je ne veux pas les vivre !

    • Lauranne sur 2 janvier 2020 à 16 h 06 min

      Super témoignage, merci beaucoup pour ce partage super intéressant!

  2. Audoubert sur 12 janvier 2020 à 18 h 12 min

    Bravo je suis fan ! Ça me parle beaucoup, c’est très juste et rempli d’humour 👍❤️

    • Lauranne sur 12 janvier 2020 à 18 h 41 min

      Merci beaucoup et ravie que cet article te plaise 🙂

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