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Distorsion cognitive 10: la personnalisation

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de penser que vous étiez responsable des actions de votre entourage, de leurs échecs notamment? D’avoir honte du prénom ou du métier d’un.e de vos ami.es lorsque vous devez le ou la présenter? D’avoir peur que votre enfant (ou votre animal de compagnie) agisse d’une manière qui pousse les autres à s’interroger sur votre capacité à être parent ou sur votre niveau d’intelligence? De penser qu’un.e inconnu.e qui rit dans la rue se moque de vous? Si vous avez répondu « oui » à au moins une de ces questions, je vous invite à pousser doucement la porte de la personnalisation. (Lecture: 3min12)

C’est ma faute, c’est ma très grande faute

La personnalisation, peut-être l’avez vous compris, c’est le fait de se sentir responsable de tout un tas de trucs qui n’ont, en vrai, rien à voir avec nous. Ce n’est pas votre faute si les parents de votre meilleur ami l’ont appelé Paulicarpe-Aldérius. Pourtant, chaque fois que vous parlez de lui, vous vous sentez un petit peu mal à l’aise. Vous l’appelez d’ailleurs « PA », et vous vivez les remarques des autres (« Poliquoi??? Attends mais ils sont drogués ses parents ou quoi? Ahahaha! ») comme si elles vous étaient destinées. Comme si, finalement, le fait d’être ami.e avec une personne au prénom atypique pouvait déteindre sur vous et donner une information sur la personne que vous êtes. Si l’exemple du prénom chelou vous parle bof, remplacez cette info par un métier (genre: « ma meilleure amie est escort »), ce sera peut-être plus frappant.

C’est la distorsion favorite des parents. Chaque fois que leurs enfants ont un comportement jugé mal venu par la société (ou qu’ils pensent être mal venu…), ils se demandent où ils ont bien pu merder. Plus tard viennent les indications basées sur les notes et sur la réussite: si mon enfant a de bonnes notes alors il est intelligent et donc je suis moi-même intelligent.e; si mon rejeton réussit bien dans la vie, c’est qu’il est génial et donc que j’ai moi-même réussi. Pourtant, on sait bien que les notes à l’école n’ont rien à voir avec un niveau d’intelligence quelconque, et à priori on préfère que son enfant soit heureux plutôt qu’il soit riche et ai un job, d’apparence stylé, qui lui donne envie de crever tous les matins. 

On est donc sur un filtre centré sur les autres: je crois que tout dans ma vie donne une indication sur qui je suis et qu’on va me juger en se basant là dessus.

Le monde ne tourne pas autour de toi Pom-Pom*

La personnalisation, c’est aussi penser qu’on provoque des réactions chez les autres. Par exemple, je marche dans la rue tranquille Émile et croise soudain une personne qui me fixe et affiche un petit sourire en coin avant de disparaitre. Déduction immédiate: j’ai un truc qui cloche et on vient de se moquer de moi ouvertement. Alors que potentiellement, Rodigonde rigolait simplement à la blague hilarante qu’elle venait de se faire toute seule dans sa tête et qui n’avait rien, mais alors rien à voir avec moi. 

S’estimer responsable des actions des autres revient aussi à s’imaginer que notre dernière rupture est uniquement de notre faute, à 100%. Qu’on n’a pas compris l’autre, pas su le ou la retenir, pas été capable de répondre à ses besoins. Ou encore que si notre conjoint a loupé le barreau, c’est parce qu’on lui a envoyé trop de textos, ou qu’on a passé trop de temps à danser en chantant «  Tu veux m’quitter ? C’est mort Coco, J’veux plus d’tes efforts Coco » – ce qui a sans nul doute perturbé ses révisions. On le sait bien, pourtant, tout au fond de nous, qu’une histoire d’amour qui foire est rarement la responsabilité d’un seul des protagonistes, et que si notre comportement empêchait notre conjoint de travailler, c’était à elle ou lui de poser ses limites ou de faire le choix d’aller bosser ailleurs. Malgré tout, impossible de se détacher de l’idée qu’on a fait quelque chose de mal. 

* Si vous avez la ref (et que vous n’êtes pas ma petite soeur), je vous offre une deuxième session gratuite de coaching avec moi.

Arrêter de juger les autres

Toutes les situations pré-citées ont un point commun: nous. Nous projetons sur les autres nos propres doutes et incertitudes, basés essentiellement sur ce qu’on croit qu’on devrait faire, dire, penser. Et on leur donne une place hyper méga importante dans le grand cycle de la vie. Laissez-moi vous partager une révélation qui a tout changé pour moi : l’écrasante majorité des gens ont une vie bien remplie et vraiment autre chose à faire que de se moquer de nous ou de nous juger. Nous ne sommes que les maillons d’une (grande) chaine (#MufassaIsAlive), et d’une certaine façon, se rendre responsable de choses qui ne nous concernent pas, c’est se donner trop d’importance aux yeux des autres. 

Mais alors, pourquoi avons-nous tendance à penser de cette manière? Et bien en général, c’est parce que nous jugeons nous-même les autres. Rappelez-vous, nous projetons notre réalité sur autrui et croyons, à tort, que si je fais ceci alors tout le monde le fait. Donc si je passe mon temps à juger les autres, j’en déduis que les autres font pareil avec moi. Je me crée alors tout un tas d’attentes et d’impératifs pour espérer recevoir des jugements positifs et un max de likes, et me mets une pression de malade sur les épaules. Dès que j’agis d’une manière qui ne correspond pas à ma liste, je m’auto-flagelle et me dis que j’ai tout raté. Si j’ai tout raté, c’est que tout est ma faute, CQFD. 

Le meilleur moyen d’échapper à ce filtre, c’est donc d’arrêter de juger les autres et de se recentrer sur soi, de prendre le temps d’établir une nouvelle liste d’attentes super personnelles et de vivre en phase avec ses propres valeurs. Ça a l’air complexe, et ça l’est un peu, c’est sur, m’enfin promis, ça en vaut la peine pour être libéré-délivré.

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