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Comment mieux communiquer grâce aux 4 niveaux de communication?

La communication est un sujet qui me passionne. Je suis particulièrement subjuguée par la façon dont on peut, avec une même idée mais des mots différents, créer une discussion ou engendrer un conflit. Il existe tout un tas de méthodes pour nous aider à comprendre l’autre et nous faire comprendre; ce n’est donc pas la dernière fois que je traiterai de ce sujet ici! Commençons, si vous le voulez bien, par un principe simple et complexe à la fois: les 4 niveaux de communication. (Lecture: 4 min)

Qu’est-ce que c’est?

Oui, commençons par le commencement: que sont ces fameux « 4 niveaux » – aussi appelé « échelle d’inférence » ? Il s’agit d’un outil de thérapie comportementale et cognitive (repris en PNL) qui nous aide à prendre conscience de ce qui se passe dans notre tête lorsque nous communiquons. En voici une version simplifiée:

Comment ça fonctionne? 

Vous avez déjà surement compris l’idée globale avec le schéma ci-dessus. Nous avons tous notre propre bagage, notre propre façon de percevoir le monde et les situations auxquelles nous sommes confronté.e.s. En fonction de mes propres croyances, je vais exprimer mes idées d’une certaine manière. La personne en face va, quant à elle, faire une interprétation de ce que je viens de lui dire. C’est comme si, avant d’atteindre son cerveau, mes mots passaient par un filtre super perfectionné qui va donner à tout ce que je dis une signification nouvelle en fonction des croyances, de l’expérience de la personne. Evidemment, la réciproque est vraie: nous interprétons également tout ce qu’on nous dit, et l’autre s’exprime en fonction de son propre filtre. 

Notre cerveau cherchant constamment à nous prouver que nous avons raison, plus nous interprétons, plus nous allons voir des signes qui renforcent notre interprétation. Par exemple, si on me dit « fais gaffe à Nadège, elle est hyper égo-centrée, elle ne pense qu’à elle », je vais noter, dans toutes mes interactions avec la dite Nadège,  les actions et paroles qui vont me prouver qu’elle ne pense qu’à elle. 

Si j’ai du mal à faire confiance, je vais inconsciemment chercher, dans toutes mes interactions, des raisons de douter de la parole de mes interlocuteurs. 

On appelle ce phénomène « la boucle de rétroaction » (ressortez le à un brunch, ça fait son petit effet).

Un exemple pour mieux comprendre 

Prenons l’exemple de l’illustration de cet article. Michel adore manger; c’est associé chez lui au partage, à la convivialité et au bonheur. Il ne manque donc jamais de partager le contenu de ses repas avec ses amis et sur Snapchat. 

Lorsqu’il croise Robert dans la rue, il lui parait donc normal de lui parler des frites belges hyper bonnes qu’il a mangé hier lors de son voyage business pourri à Bruxelles. Inconsciemment, ce que Michel veut partager avec Robert, c’est de la convivialité et du bonheur. Il préfère parler de ça plutôt que de se replonger dans sa journée de travail hyper relou – en plus, il a perdu le contrat avec les belges.

Robert est très peu content de sa vie. En ce moment, il passe ses journées à scroller son feed instagram et à se comparer à Ryan Gosling et Greta Thunberg, ce qui lui rappelle qu’il est nul et qu’il ne fait rien de sa vie. Ce qu’il retient des propos de Michel, c’est que le mec voyage et fait de nouvelles expériences trop cool…. contrairement à lui. C’est clair: Michel se la pète et le rabaisse volontairement (l’enflure!); d’ailleurs Michmich le regarde d’une manière super hautaine. Sa réaction est donc d’envoyer balader Michel, en lui disant qu’il s’en tape de son histoire de frites.

Barquette de frites
Ryan Gosling remettant Robert à sa place, allégorie

Michel a peu confiance en lui et a tendance à prendre les propos des gens très personnellement. Il pensait partager du bonheur, il reçoit de l’agressivité. Robert vient de lui enlever le seul truc positif de sa journée de la veille. Cela lui rappelle qu’il a perdu le contrat, et qu’il n’est pas très intéressant. Il se dit que Robert n’est vraiment pas sympa, en plus d’être impoli… le traite de connard fermé d’esprit et taille sa route. 

Michel et Robert sont désormais fâchés à cause d’une histoire de frites. Mage-do, comme disent les jeunes. 

Améliorer sa communication grâce à l’échelle d’inférence

A ce stade, vous vous dites peut-être que tout ça, c’est bien joli, mais à quoi ça sert? (Pardonnez-moi cette interprétation très personnelle, elle m’arrange).

Avoir conscience de ce schéma permet de s’en détacher en gardant une chose essentielle à l’esprit: la seule manière de connaitre de façon certaine l’intention d’une personne…. c’est de le lui demander. Si au cours d’une conversation, vous vous sentez distrait.e, blessé.e, en colère, triste ou toute autre émotion, posez-vous quelques questions avant de réagir:

Qu’est-ce qui est en train de se passer? Pourquoi est-ce que je réagis comme ça?

Est-ce que je suis en train de tirer une conclusion hâtive? 

Est-ce qu’il est possible que j’interprète mal ces propos? 

Est-ce que j’ai bien tout pris en compte ou est-ce que je me focalise sur un seul aspect de la conversation qui m’arrange?

Est-ce que je suis en train de faire une supposition, qui pourrait être fausse?

Est-ce que je suis plus focalisé.e sur ce que je vais répondre ou ce que je vais faire que sur le fait d’écouter l’autre?

N’hésitez pas à poser des questions à votre interlocuteur (« pourquoi tu me dis ça? ») et/ou à lui exprimer votre ressenti (« je me sens blessé.e quand tu dis ça… est-ce que c’était ton intention? »).

Vous pouvez, dans un second temps, aller plus loin de votre coté, en vous interrogeant sur vos réactions (pourquoi ai-je réagis comme cela? Quelle croyance y’a-t-il derrière? Est-ce qu’il existe d’autres possibilités? Lesquelles?). Mieux communiquer, c’est entretenir des relations plus sincères et profondes, avec moins de stress, moins de conflits et moins de temps de cerveau utilisé à essayer de comprendre les autres. Plutôt tentant, non?

Vous avez maintenant toutes les bases pour prendre du recul et améliorer votre façon de communiquer! Et maintenant, refaites l’histoire en commentaires et empêchez Michel et Robert de se fâcher!

Et si le sujet de la communication vous intéresse, je vous invite à vous rendre sur cette page et à lire les articles sur la communication non violente que j’ai écrit pour le magazine Rockie

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