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Comment choisir son psy ou son thérapeute?

L’année 2020 est enfin terminée, et 2021, remplie de son lot de promesses, nous permet désormais d’envisager un avenir radieux. Ah non, pardon! Rien n’a changé: l’ambiance est toujours aussi morose, on se prépare à de nouveaux confinements (ou pas), de nouvelles restrictions (peut-être), et notre moral a renouvelé son bail au bout de nos chaussettes. Que ce soit pour avoir un soutien moral, travailler sur soi ou  encore envisager une reconversion pro, de plus en plus de personnes se tournent vers les psy, coach, et autres thérapeutes. Mais comment trouver « the one », la bonne personne pour nous accompagner dans ce voyage au coeur de nous-mêmes? (Lecture: 5min42)

Psychologue, psychiatre, coach et compagnie

Les appellations sont nombreuses et on s’y perd – franchement, y’a de quoi. Traditionnellement, les psychiatres (qui sont médecins), s’occupent de la recherche, des maladies mentales et des prescriptions médicales. Les psychologues, eux, s’occupent du suivi mental. En coaching, on accompagne plutôt des personnes qui ont identifié des blocages dans leur vie et souhaitent avoir des outils pour les dépasser. En général, on dit que les psy-something (psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes…) travaillent sur le passé pour mieux comprendre notre état présent, tandis que les coachs et thérapeutes partent de l’état présent pour mieux avancer vers le futur. 

Bon. Ça, c’est la théorie. Comme pour la gestion du Covid, en pratique ça se passe différemment. Il existe des psychiatres qui sont aussi psychanalystes, des psychologues formés en thérapies brèves – comme c’est d’ailleurs le cas de beaucoup de coachs ou thérapeutes, des coachs qui fouillent le passé, des psy qui donnent des outils et se concentrent sur le futur. Ouais, c’est un peu le bordel et ça n’aide pas y voir clair. 

Des thérapies multiples

Pour ajouter un peu plus de complexité à cette histoire, il existe aussi des milliards de thérapies différentes*. Certaines sont centrées sur la parole ou nos comportements, d’autres se concentrent sur le corps (thérapies par le massage par exemple), d’autres encore, comme l’hypnose, lient corps et esprit pour déterrer des infos inconscientes… Il existe également des méthodes de développement personnel via le tarot de Marseille, l’astrologie ou les énergies. Bref, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a le choix.

Je vous propose donc de commencer par vous poser deux questions: qu’est-ce que je souhaite obtenir à travers ce travail sur moi? Et quel type de thérapie me parle le plus (parole, travail sur le corps, hypnose…)? N’hésitez pas à vous renseigner au maximum sur les différentes thérapies qui existent pour trouver celle(s) susceptible(s)  de vous correspondre.

*j’exagère un brin, m’enfin il y aurait tout de même plus de 200 thérapies selon ma recherche Google

Les essayages

Il est possible que plusieurs thérapies vous attirent, ou que vous ayez tout simplement du mal à y voir clair, perdu dans les méandres d’Internet face à cette incroyable diversité. La bonne nouvelle, c’est que les études ont montré que le plus important pour qu’un travail sur soi soit efficace, c’est…. * roulement de tambour please * la relation qu’entretient la personne avec son thérapeute.  Plus on se sent en confiance, plus le travail sera efficace. Et pour ça, il n’y a pas 30 000 solutions: il faut rencontrer les gens et tester. Si ce n’est pas une pratique très courante en France – beaucoup de thérapeutes concluent tous leurs rendez-vous, y compris le premier, par un « quand est-ce qu’on se revoit? » qui laisse peu de place au refus – il est de coutume, chez certains de nos voisins, de faire des essais. Après quelques séances (4 en général), il y a un point au cours duquel thérapeute et client/patient se disent s’ils souhaitent ou non bosser ensemble. 

Sentez vous donc libre, dès le début de votre première séance, de dire à la personne qui vous fait face que vous êtes aux prémices de votre recherche et que vous testez plusieurs praticiens et plusieurs sortes de thérapies. Laissez-vous le temps de trouver une personne avec qui vous vous sentez à l’aise et en totale confiance, auprès de qui vous pouvez être pleinement vous-mêmes, sans vous sentir jugés. Vous pouvez également définir quelques critères au préalable pour vous aider dans votre choix: est-ce que vous souhaitez des rendez-vous en personne ou en visio? Comprendre vos réactions en creusant le passé, ou avoir des outils concrets pour modifier vos comportements à l’avenir? Êtes-vous prêt.es à avoir des exercices entre chaque session ou non? Est-ce que vous voulez un maximum de flexibilité ou, au contraire, des rendez-vous précis le même jour à la même heure?

Testez, laissez-vous le temps de décider… et accordez-en aussi aux thérapeutes. Bien sur, si dès la première session vous vous sentez hyper mal, passez votre chemin. Mais si vous êtes un peu mitigés, prenez le temps de revoir la personne quelques fois (3 ou 4 c’est souvent pas mal pour se forger un avis, mais c’est à vous de voir).

Contrairement à ce que racontent certaines viles rumeurs, nous aussi, comme les profs,  sommes humains, et on n’est pas toujours au top. Nous aussi, il nous arrive d’avoir mal dormi, d’avoir commencé la journée en marchant dans le vomi de notre chat, d’avoir oublié de racheter du café… Parfois on connecte très vite avec une personne, quand il nous faudra un peu plus de temps pour en cerner pleinement une autre… Bref, soyez indulgents et ne nous zappez pas trop vite non plus. 

Quand et à quel prix commencer un travail sur soi?

On peut passer des années à y songer sans jamais oser franchir le pas.. C’est quand, le bon moment pour commencer une thérapie? J’ai envie de vous dire que c’est le moment qui vous parait bien pour vous. C’est peut-être un trop plein d’émotions qu’on a envie de pourvoir partager, l’impression de ne pas vivre sa vie pleinement, l’envie de changer de job sans savoir quoi faire ni par où commencer, une situation qui revient sans cesse dans notre vie et qu’on n’arrive pas à modifier alors qu’on a l’impression d’avoir déjà tenté plein de trucs…. Globalement, si vous y pensez depuis un moment et/ou que vous en ressentez le besoin (sensation d’être bloqué.e ou gêné.e par un aspect de votre vie ou de votre personnalité), c’est probablement le bon moment. Si vous hésitez, vous pouvez toujours tester quelques sessions et voir ce qui se passe. Au pire, vous n’aurez perdu qu’un peu de temps et un peu d’argent – et encore, les psychiatres sont remboursés par la sécu en France et nous sommes beaucoup, en coaching, à proposer un premier rendez-vous gratuit et sans engagement. Certains types de thérapies sont également remboursés par certaines mutuelles, et il existe, enfin, des centres médico-psychologiques (CMP) qui proposent des rendez-vous gratuits ou à très faible coût avec des psy.

Si l’aspect financier est important pour vous mais que vous ne souhaitez pas faire appel à un psychiatre, ni aller en CMP, sachez que tous les prix sont dans la nature. Il est certain qu’avec un peu de recherche, vous trouverez des thérapeutes aux tarifs abordables – le développement des séances par visio permettant notamment d’éviter les coûts liés à la location d’un bureau.

NB: il n’est pas impératif de voir un thérapeute dans sa vie. Même si le dev perso est désormais tendance, on n’est pas obligé de travailler sur tout, tout le temps. Si un aspect de votre vie ou de votre personnalité parait étrange ou « anormal » à votre entourage mais ne vous pose personnellement aucun problème, il n’est pas forcément utile de bosser dessus.

Pourquoi faire un travail sur soi?

On me demande souvent si voir un thérapeute, au fond, c’est pas un peu la même chose que de raconter sa vie à son coiffeur ou à ses potes pendant un apéro Skype. Je comprends la question, mais la réponse est non.

Déjà, un thérapeute est 100% à votre écoute et dédié à vous, contrairement à Paulette et Mauricio qui attendent poliment que vous ayez fini de parler pour vous raconter de quelle manière ils ont prévu de réussir leur 3ème confinement. Être vraiment écouté par une personne qui est là uniquement pour ça est une sensation très particulière. Si vous ne l’avez jamais expérimenté, je vous conseille vivement de le tester au moins une fois. Ensuite, tout bienveillants qu’ils sont, vos potes auront probablement du mal à se retenir de vous donner leur avis. « Ne quitte pas Bob-Henri, vous formez un beau couple et on a encore besoin de lui pour nos parties de  Minecraft en ligne », « Franchement, c’est pas le bon moment de changer de travail »…..

Sauf que – et j’ai conscience que la révélation qui va suivre peut être terriblement choquante – vos amis ne sont pas vous. Leurs conseils sont surement super pour eux, mais ne sont pas nécessairement les meilleurs pour vous. En plus de vous offrir toute l’écoute et l’attention que vous méritez, un thérapeute vous aidera à trouver les solutions qui vous correspondent vraiment, histoire que vous puissiez vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants et en accord avec vous-mêmes. Bon et si c’est pas le cas, que vous tombez sur quelqu’un moins à l’écoute que votre bon pote Roger-Méduse et qui vous explique comment vous devez vivre, allez peut-être voir ailleurs.

Enfin, oui, il est possible de faire un travail sur soi seul.e. On va cependant généralement moins vite, et on risque fort de passer à côté de certaines choses car nous avons tous des aspects de notre personnalité ou de nos comportements que nous ne pouvons pas voir – si vous avez déjà prononcé une phrase du type « C’est fou que Jerbeline ne se rende pas compte que… », vous savez de quoi je parle.

2 commentaires

  1. Audoubert sur 11 février 2021 à 12 h 39 min

    Ahaha génial ! Merci c’est très complet et instructif. Je partage !

    • Lauranne sur 11 février 2021 à 12 h 41 min

      Contente que ça t’ai plu 🙂 Merci pour ton commentaire!

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