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Ce que « Hannah Montana – le film » m’a appris de la vie

Les films Disney, on le sait, regorgent de jolies morales et de conseils à deux balles du type « écoute ton coeur ». Sauf que ce type de clichés, qui ont l’air d’enfoncer des portes ouvertes, sont souvent pétris de vérité. C’est pourquoi j’ai souhaité partager avec vous ce qu’on peut retenir du film « Hannah Montana ». (Lecture: 4min47)

Hannah qui?

Je vous fais un petit récap, au cas où vous n’auriez pas grandi avec cette héroïne. Cette série (oui parce qu’avant le film, il y a une série de 4 saisons) raconte la vie de Miley Stewart – interprétée par une Miley Cyrus pré-twerk et balançange sur une boule de chantier en petite culotte. Miley, donc, est une jeune fille comme les autres….  Comme les autres? Pas tout à fait. Car le week-end,  pendant les vacances scolaires et les veilles de jours fériés, elle se transforme (= elle enfile une perruque blonde) et devient Hannah Montana, chanteuse star et idole des jeunes. Son single le plus connu, qui est aussi le générique de la série, s’appelle « the best of both worlds » (littéralement « le meilleur des deux mondes »). Elle y explique clairement comment elle fait pour avoir le meilleur de la célébrité et de l’anonymat. Est-ce que ses fans sont un peu cons? Oui, surement. Mais ce n’est pas la question. Attention, la suite contient des spoilers*.

*donc je vous conseille d’aller visionner le film maintenant et de revenir à cet article plus tard. Comment ça vous n’aviez pas l’intention de le voir…?

Les mauvaises langues disent qu’on la reconnait parfaitement malgré sa perruque

C’est facile de perdre la tête

Dans le film, Miley a 16 ans et elle fait un peu n’importe quoi. Privilégiant ses obligations de star à.. bah à tout, elle laisse de coté ses amis, sa famille, et se bat avec Tyra Banks pour une paire de chaussures – sous les yeux ravis des paparazzis. Son papa, joué par Billy Ray Cyrus, le réel paternel de Miley Cyrus et chanteur de country de son état, décide de lui ramener les pieds sur terre en la forçant à passer des vacances dans leur Tennessee natal. On pourrait juger cette pimbêche de Miley qui tombe la tête la première dans les travers de la célébrité #dramaqueen. Pourtant, si vous vous êtes retrouvé un jour dans un contexte plein de privilèges, que ce soit en étant particulièrement à l’aise financièrement, en connaissant tous les commerçants de votre ville ou en voyageant dans des pays où un SMIC mensuel correspond au salaire annuel moyen de la population locale, vous avez peut-être déjà expérimenté cette sensation là… On s’habitue très vite aux privilèges, et on peut rapidement basculer dans le coté bitchy de la force. C’est humain de vouloir profiter à fond de situations qui nous sont agréables, et éviter de s’y vautrer en toute complaisance est loin d’être aussi simple qu’il y parait. Et comme Miley, on peut aussi, à tout moment et bien malgré soi, laisser tomber ses amis et ses proches tout en étant persuadé.e de faire de son mieux. Penser à soi, poser ses limites, c’est bien; ne penser qu’à soi et ne faire aucun effort pour ses proches, c’est pas top, nous rappelle oklm notre chère héroïne. 

Connaitre ses racines et savoir s’entourer

« Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut pas savoir où il va », dit le proverbe (ou quelqu’un d’autre, je ne sais plus). Si, comme Miley, vous ne reconnaissez plus les amis d’enfance avec qui vous vous baigniez nus dans la piscine de votre grand-mère, ni votre propre cheval, alors il est peut-être temps de rentrer faire un tour dans votre famille (vous pouvez modifier les exemples ci-dessus si vous n’avez jamais eu de piscine, de grand-mère ou de cheval). Sorti en 2009, soit bien avant qu’il ne soit mainstream d’être un.e bobo-hippie-écolo-bio qui consomme les légumes des producteurs de sa région, le film s’articule autour de l’importance de sauver la petite ville natale de la famille d’un gros vilain centre commercial, et ce au profit de leur marché d’artisans local. Alors oui, j’ose le dire: on est sur de l’avant-gardisme de la slow life. Et nous sommes nombreux, aujourd’hui, à souhaiter réapprendre à vivre à la cool, en prenant le temps de vraiment connaitre ses voisins, de profiter de la nature et d’acheter local et de qualité. Je reconnais que l’emploi du mot « aujourd’hui », alors que nous sommes en plein confinement, peut être controversé, mais vous avez l’idée. « Hannah Montana, le film » nous rappelle que la famille, c’est important, que prendre le temps, c’est important, que faire partie d’une communauté, c’est important, qu’avoir un abris à poules stylé, c’est important. A une époque où nous sommes tous un peu déconnectés de la vie et des autres, ce sont des rappels essentiels à mes yeux – surtout le coup de l’abris à poules. 

La musique adoucit les moeurs…

… et rapproche les gens. Compte tenu du métier de notre personnage principal et de celui de son père, la musique tient une place centrale dans le film. Qu’il s’agisse de prestations de la star, d’une soirée de village ou de moments en famille, tout nous rappelle que la musique, c’est cool. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Enfant, dans ma famille, nous chantions énormément, notamment pendant les longs voyages en voiture. A l’école aussi, même si c’était pour crier en choeur des paroles plus que discutables du type « le dimanche matin, avec ma putain, sur ma mobylette », j’ai de nombreux souvenirs de chants collectifs. Une habitude qui, à mon sens, se perd complètement en grandissant. Et c’est vraiment dommage! On se contente de chanter sous la douche et de danser seul.e, ou alors en soirée. Quand est-ce que vous avez chanté a cappella, tous ensemble, avec votre famille ou un groupe d’amis pour la dernière fois? Quelle que soit la réponse, c’était il y a trop longtemps. Chanter sous la douche, c’est cool, chanter en groupe c’est franchement bien aussi. C’est une activité hyper naturelle, que nous avons (presque) tous la capacité de pratiquer, qui fait du bien et qui peut créer des liens très forts entre les gens. 

Le film nous apprend aussi que Taylor Swift est une super copine, qui n’hésite pas à faire une micro-apparition alors que de toute évidence, tout le monde s’en fout

On ne peut pas avoir le meilleur des deux mondes

Contrairement aux paroles de la chanson de son générique, Miley nous prouve tout au long de son film que non, on ne peut pas avoir le meilleur des mondes. Que mentir, garder des secrets, ça fait du mal à tout le monde, et à soi tout particulièrement. Qu’à vouloir trop en faire et être partout à la fois, on finit par se mettre son crush à dos et pourrir la soirée du maire (again: trouvez des exemples qui s’appliquent à votre vie si vous n’avez jamais été l’invité.e d’honneur du maire d’un village paumé).  Elle ne lâchera pas son personnage d’Hannah Montana pour autant, en tous cas pas vraiment, mais apprendra l’importance de séparer ses deux vies, de faire passer en priorité ce qui lui tient réellement à coeur, et qu’il est parfois nécessaire de se mettre à nu (figurativement parlant) pour éviter de blesser les autres par maladresse. Parce que oui, sous ses airs de petit film pourri pour ados, « Hannah Montana » nous montre toute l’importance de laisser tomber sa carapace en même temps que sa perruque; toute l’importance d’être vulnérable pour être complètement soi, toute l’importance d’être complètement soi pour créer des liens forts, profonds et durables avec les autres. 

La vie est une montagne

Le film se termine donc sur une Miley toute nue (figurativement on a dit; il faudra attendre quelques années après la sortie du film pour qu’elle commence à s’afficher sans vêtements), qui chante sa toute dernière création : « the climb » (qu’on peut traduire par « l’ascension »). Elle s’y livre sur ce qu’elle a appris pendant ses vacances chez mamie. Pas sur comment ramasser des oeufs ou faire une tarte aux pommes hein… Elle compare la vie à une ascension sans fin. Parfois, on fait de la merde (= ceci est une interprétation personnelle de ses paroles), et parfois on déploie force et courage, jusqu’à faire bouger les montagnes qui se dressent devant nous. Il y aura toujours des ratés, et toujours des obstacles. L’essentiel dans tout ça, c’est de toujours garder espoir, d’être sincère, de faire de son mieux, de se battre pour ce qui compte vraiment à nos yeux et de continuer à avancer, de poursuivre notre ascension. Vous avez dit cheesy? Oui. Mais cela en est-il moins vrai pour autant? #Mileyphilosophe

4 commentaires

  1. DAMC sur 16 avril 2020 à 13 h 35 min

    J’aime beaucoup cet article!! Très vrai, et plein d’humour 🙂 Souhaitons que le changement qui s’impose ( même hors Coronavirus) soit lui aussi durable…

    • Lauranne sur 16 avril 2020 à 14 h 38 min

      Merci beaucoup pour ce commentaire et contente que l’article t’ai plu!

  2. Bertille Delaf sur 16 avril 2020 à 14 h 21 min

    Bon ok j’ai lu l’article car je suis une fan de Miley Cyrus, de ce fait de Hannah Montana aussi, et j’assume.
    L’analyse est top et drôle !
    Bravo 😃

    • Lauranne sur 16 avril 2020 à 14 h 39 min

      Merci! Ravie que mon analyse soit validée par une autre vraie fan de Miley 🙂

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